| Re: A vos souhaits ! Grrrrrrrrrrrr [message n° 216589 est une réponse au message n° 214746] |
jeu. 15 mars 2007 21:55  |
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fredaine | |
| messages : 1648
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Extrait du Café pédagogique de ce jour :
| Citation : | "Lorsque les mots précis manquent aux élèves, c'est le sens qu'ils tentent de donner au monde qui s'obscurcit". Le rapport d'Alain Bentolila sur l'acquisition du vocabulaire à l'école élémentaire, remis au ministre le 14 mars, s'ouvre sur cette phrase qui va au coeur de tout amoureux des mots, et par suite tout enseignant. Mais elle ne saurait cacher la question de fond : comment faire acquérir cette aisance langagière et ce vocabulaire ? Pour A. Bentolila c'est tout simple. Il faut établir des leçons de mots (2 demi-heures par semaine), avec un "cahier de mots" qui suivra l'élève de classe en classe et où il rangera les 365 mots définis chaque année et des "activités à faire le soir". Il faut en même temps définir de façon rigoureuse et progressive les listes de mots à faire apprendre aux élèves pour chaque classe. Ainsi il entend supprimer l'écart de vocabulaire qui existe entre les enfants."
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Il paraît qu'il va falloir apprendre un mot par jour à nos petits élèves et ce dès la maternelle ? Aujourd'hui, mes petits chéris ont appris au moins 5 mots durant la séance sur la sécurité routière et je ne parle pas des autres séances), je peux donc dormir sur mes lauriers jusqu'à vendredi prochain. Vraiment, je bosse trop
Au fait, juste comme ça, je voudrais rappeler que si l'année a bien 365 jours, nous n'allons pas tous les jours à l'école, il n'y aura donc même pas 365 mots par an dans ce joli petit cahier
| Citation : | "Ah, mais l'écart de cinq ans dans les connaissances lexicales entre les élèves d'une classe de CE1, utilisé comme argument suprême par BENTOLILA?" interroge P. Frackowiak. "Il est bien connu de n'importe quel praticien et il est une des principales raisons des premières réformes de l'enseignement du français, fondées sur les travaux de l'INRP, formalisées dans les instructions officielles de 1974, celles-là même qui stipulaient pour la première fois que l'école devait aussi apprendre aux enfants à parler, rompant enfin avec sa tradition de leur appendre à se taire. L'écart entre Simon dont la maman dit posément: "Tu veux du lait. Je vais t'en donner" ou "Je demande à papa de t'en donner. Papa, tu veux bien donner du lait à Simon? Merci." et Dylan dont la maman dit "tiens!" ne sera jamais réduit par la "leçon de mots". Bien au contraire! Les enseignants qui galèrent chaque jour depuis des années pour rendre l'école plus intéressante et plus efficace le savent bien".
Car c'est bien cette question qui sépare la vision ministérielle de ses détracteurs. L'échec scolaire pour Gilles de Robien est un échec individuel d'un élève qui n'a pas appris ce qu'il devait apprendre y compris dans le cadre de programme "personnalisé" de remédiation. D'autres y voient d'abord le résultat d'une situation sociale. De la même façon que le ministre entendait résoudre la fracture numérique avec l'ordinateur à un euro par jour, il envisage de réduire la fracture culturelle avec le mot appris par jour (soit seulement 4380 mots pour 12 ans d'étude !). L'Ecole c'est simple...
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Si je ne me trompe pas, un jeune enfant apprend un grand nombre de mots par jour (je n'ai pas le nombre en tête) ? La réforme que l'on nous impose se propose donc de le limiter à un mot quotidien. Nous aurons tous noté le progrès.
Par ailleurs, il semble évident que durant ce temps-là, et bien sur pour réduire la fracture sociale, les parents du petit Simon se dispenseront de lui apprendre d'autres mots.
Fredaine qui se dit que la mauvaise foi fait parfois un bien fou
Fredaine
http://www.fredaine.netRapporter un message au modérateur
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