enviedespoir | |
| messages : 843
Inscrit(e) : septembre 2004 Situation géographique : Paris, Dijon Métier : Formatrice en pédagogie de l'écriture et en rééducation de l'écriture | |
|
| pati a écrit le sam, 06 octobre 2007 17:04 | Le papa et moi avons pensé à de la paresse quand nous avons vu sur la fiche de suivi de lundi : "jusqu'à 13 h 50 : nez en l'air" (l'école reprend à 13 h 15) + toutes les leçons non finies de copier, les exos non terminés (voir non commencés, les éval non terminées)... Rien, rien n'était fait ou terminé !!! Nous savions déjà qu'il avait un rythmme de copie archi lent mais le fait de savoir qu'il a le "nez en l'air", là ça nous agace passablement. Idem pour mardi et jeudi.
Sous le coup de la colère, jeudi je lui avais dit qu'il
passerait son week-end à faire de la copie
(puisqu'il "travaillait pas, ne "copiait" pas suffisamment en classe) mais je me rends compte peu à peu que cela ne doit pas être la solution (il a horreur d'écrire, je risque de l'en dégoûter encore plus). Pourtant je me dis que pour acquérir de la vitesse en copie il faut peut-être qu'il en fasse plus (avec des sortes de challenges avec un chrono ?)
En tout état de cause, je vais essayer de rester plus zen en attendant de savoir ce qu'en pense le psy... J'espère seulement que cela ne sera pas trop long...
|
Effectivement, ce n'est pas la solution. Que penserais-tu si on exigeait chaque jour que tu fasses quelque chose que tu n'arrives pas à faire ? Il y a de grandes chances que, plus on te forcerait, moins tu accepterais, et plus tu prendrais cette activité en dégoût.
L'une des demandes récurrentes en rééducation d'écriture concerne la lenteur (que l'enfant soit en primaire ou au collège). La quasi totalité des cas de lenteur que j'ai eus à traiter, sinon la totalité, provenait d'un défaut de technique graphique.
Souvent l'enfant ne sait pas écrire d'un geste continu (ou presque : il faut bien s'arrêter avant les lettres rondes, encore que, si l'écriture est ovoïde = ronds en forme d'oeuf ...) Il "attache", il "colle" des lettres ou morceaux de lettres. Or, si un enfant lève son crayon à chaque lettre, il lui faut du temps pour arriver à la fin de la phrase, de la même façon qu'on mettrait "un certain temps" pour faire Paris/Marseille si on s'arrêtait tous les kilomètres
Première chose donc, voir comment l'enfant s'y prend pour écrire. Il peut dissocier les lettres pour "bien les former" (par exemple arrêt devant i, u, t, cassure à l'attaque du e... ; parfois le collage ne se voit pas à l'oeil nu tellement le geste est bien ajusté), parfois même tracer certaines lettres en plusieurs morceaux accolés (par exemple les lettres rondes a, d, q, g ou les lettres à ponts m, n).
Cette anomalie du ductus donne "de belles écritures" bien "dessinées". Le problème est que, si ça n'est pas trop grave au CP car on accepte d'y donner plus de temps pour écrire, ça devient vite crucial au CE1 ou au CE2 car les enfants n'arrivent pas à écrire vite.
Si aucun autre problème ne se greffe là-dessus, ces rééducations vont très vite. Il arrive que deux séances auprès d'un rééducateur en écriture suffisent (j'ai eu souvent le cas en plus de 20 ans de pratique). Parfois même un travail collectif dirigé la maîtresse en classe en vient à bout.
Un enfant peut également écrire lentement parce qu'il ne sait pas lire, il lui faut donc traiter chaque lettre une à une. La recherche d'une solution se fera chez l'orthophoniste. Mais ce n'est pas le cas des enfants dont il est question ici.
Un cas tout à fait différent est celui de la souffrance affective. L'enfant a l'esprit trop encombré par ses problèmes affectifs qu'il ne peut pas avoir la tête à ce qu'il fait. Là, seule une solution apportée aux causes du mal être peut venir à bout du problème - qui dépasse alors largement la simple écriture. Traiter le symptôme ne sert à rien. On pourra en venir au traitement du pb d'écriture lorsque les difficultés affectives auront trouvé leur solution. ça ne semble pas non plus le cas des enfants dont il est question ici.
Un manque de confiance en soi moins douloureux peut aussi faire blocage. L'enfant n'ose pas. Quelques séances de rééducation peuvent être nécessaires (généralement entre 4 et 6 séances, rarement plus).
Enfin, il y a également les cas pathologiques. Ils touchent en général toutes les sphères d'activités. Outre le traitement médical, les psychomotriciens peuvent apporter de l'aide avec un complément auprès d'un rééducateur en écriture pour cette activité qui échappe aux compétences du psychomotricien. Là encore ce n'est pas le cas des enfants dont il est question ici.
A mon avis, les cas évoqués ici concerne surtout la technique graphique : elle reste à acquérir. C'est soit l'affaire de l'enseignant si toute la classe est concernée * (ce qui peut arriver) soit l'affaire d'un rééducateur en écriture. Il y en a très peu mais c'est efficace. Une simple lenteur dans les cas évoqués dans ce fil peut être traitée en trois séances. Si l'écriture présente d'autres défectuosités comptez entre 5 et 6 séances.
*Souvent une mauvaise tenue du crayon est associée à la lenteur. L'enseignant ne peut guère traiter cela en classe.
D. Dumont http://legestedecriture.fr Attention aux contrefaçons.
Rapporter un message au modérateur
|