| Re: Technique posée de la multiplication (présentation Powerpoint) [message n° 349787 est une réponse au message n° 348889] |
sam. 17 mai 2008 14:04   |
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tartine | |
| messages : 154
Inscrit(e) : août 2006 Situation géographique : 77 Métier : CE2 | |
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encore merci pour la qualité de ta réponse.
Suite du débat cordial...
la "méthode" didactique
"Comme je l'ai écrit au tout début de la présentation, celle-ci est destinée à des enseignants."
...Le raccourci étant de calquer notre pédagogie sur notre approche adulte et maîtrisée des concepts mathémathiques sans tenir compte deu développement cognitif des élèves.
l'efficacité pédagogique
"Pour moi c'est plus d'avoir compris ce qu'on met en oeuvre (les propriétés de notre système de numération quand on écrit que 5×30 = 150, la distributivité de la multiplication par rapport à l'addition même si on la met en oeuvre de façon implicite ans le savoir, etc.) qui sont importantes que le résultat lui-même."
"ce qui est intéressant quand on travaille le sens de la
technique c'est précisément qu'on peut voir ce que les élèves savent ou ne savent pas à propos de la numération."
Ces 2 points élargissent le débat et montrent que ce qui est en jeu n'est pas uniquement la simple maîtrise d'une procédure mais des liens à effectuer avec le calcul mental réfléchi et la construction de la numération.
Ces points (distributivité, numération...), phases de l'apprentissage, sont complexes. Ils rendent l'apprentissage d'autant plus complexe qu'ils sont cumulés. C'est pourquoi j'en suis venue à en faire l'économie. Et surtout parce que j'ai constaté qu'ils n'étaient accessibles qu'aux meilleurs élèves. J'ai aussi observé qu'ils nuisaient même à la compréhension de la technique pour une majorité d'élève (surcharge cognitive). C'est pourquoi je marque un temps d'arrêt sur 157 x 20.
"Je suis pour ma part partisan d'essayer le plus possible de faire comprendre le sens des techniques de calcul et quand
on a "tout essayé" et qu'on n'y arrive pas et c'est en général le cas avec certains élèves on peut effectivement essayer d'apprendre à ceux-ci à maîtriser des automatismes sans qu'ils n'en comprennent le sens quitte à essayer de revenir sur le sens par la suite"
Ma conviction est que de nombreux élèves ne comprennent qu'après avoir acquis le savoir-faire: intelligence de type différent (non pas moindre). Le schéma type : manipulations-induction-formalisation-application ne fonctionne pas pour tous: dans le cas de la multiplication, la phase de manipulation engage l'utilisation cummulée de concepts trop complexes pour "servir" au mieux la compréhension. pour certains élèves, c'est par l'application que les concepts seront maîtrisés et surtout compris.
Ce qui me gène, en fait, c'est que des raisonnements tout à fait légitimes comme le doc que tu proposes aux stagiaires conduisent à faire de l'approche d'une notion un objet d'étude plus complexe que la notion elle-même. Celà me semble être un détour contre-productif.
Je fais référence au vieux dilemne entre le technicien et l'ingénieur. La pratique peut très efficacement précéder la compréhension de théories et c'est ce que nous négligeons souvent car nous avons tous des formations universitaires, nous sommes de "bons élèves" et nous avons toujours bien fonctionné dans un système allant de la théorie à la pratique. Bon, je caricature...
Nos enjeux sont différents : je parle efficacité de l'apprentissage de la procédure de calcul automatisé et tu évoques d'autres compétences, plus ambitieuses. Je travaille en CE2, beaucoup d'élèves sont en difficulté d'apprentissage, le contexte explique aussi mon pragmatisme.
enjeux des apprentissages
Est-ce vraiment si utile que ça de faire plein de multiplications avec de "grands nombres" ? (quel adulte poserait effectivement le calcul 234567×564 809 ?).
100°/ d'accord, la virtuosité ne présente aucun intérêt.
"De nos jours il me semble que le calcul mental et en particulier le calcul mental approché a de plus en plus d'importance."
Là, oui, tu marques un point: que doit-on enseigner, à notre époque, pour préparer au mieux les adultes de demain? Quelles compétences leur seront nécessaires? C'est la vraie question, celle que l'on élude... Et, comme toi, je pense que le calcul mental, réfléchi et automatisé est primordial.
Et enfin, là où ça fait mal...
"On est au coeur du débat actuel (voir les projets de nouveaux programmes)."
Je crois que nous partageons le même effarement...
Mais mon propos porte effectivement sur un point actuellement très attaqué:le constructivisme.
Je me pose la question des limites du constructivisme: cette théorie, appliquée à la pédagogie,représente une avancée incontestable. Néanmoins, tous les apprentissages doivent-ils faire systématiquement l'objet d'une approche constructiviste? Quels sont les points forts et les points faibles d'une telle approche? Il s'agit pour moi de circonstancier l'approche pédagogique aux apprentissages et aussi aux différents élèves.
On peut encore se poser ce genre de questions...jusqu'à quand?
Merci encore (on n'arrête pas de se congratuler) pour la qualité de ton travail et surtout le partage que tu en fais. C'est une source précieuse
martine
PS: les cahiers péda préparent un numéro sur la physique (et le lien avec les maths)...tu aurais peut-être un mot à dire???
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