| Re: instruction civique et morale [message n° 719749 est une réponse au message n° 719748] |
sam. 05 novembre 2011 18:01   |
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| cyann | |
| messages : 2526
Inscrit(e) : août 2004 Situation géographique : À l'école. Métier : Retour au CM | |
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| anoster a écrit le sam, 05 novembre 2011 17:55 | Nyméria je ne parle pas de toi, ne t'inquiète pas...je parle de ce que je constate et qui me pose problème dans ma pratique...surtout depuis que je suis mise en situation inconfortable de faire un métier humain avec des méthodes de machines.
A un moment donné je me pose la question essentielle : aller plus vite permet-il à une majorité d'élèves d'être en réussite ? Sans compter la dose de pression mise en classe...
Je me pose de plus en plus de questions sur ma pratique actuelle qui m'épuise et ne me satisfait pas. Quand tu parles de burn out, je crois que j'y suis arrivée cette année, je me sens tellement peu efficace à force d'être au bout du rouleau et en désaccord avec une politique éducative que je trouve inadaptée.
On se doit d'essayer de tout caser ???? Je ne suis pas sûre, je croyais avoir signé pour un métier où je devais essayer à tout prix de mettre en réussite le plus grand nombre des mes élèves, sans traumatismes profond (parce que la pédagogie du plus vite sinon je ne finis pas le programme rend tout le monde chèvre : les élèves, les parents et les enseignants) et d'aider ceux qui ne peuvent pas, parce qu'il y en a, à ne pas se sentir inutile, d'où des projets valorisant des métiers manuels ou d'art.
Pour moi, j'estime que j'ai bien fait mon boulot si :
- la majorité de mes élèves reviennent me voir de sixième avec le sourire
- ceux qui sont déjà dans d'autres cursus, qu'ils soient projetés vers un métier et pas complètement dévalorisés ou avec une sensation d'échec profond, je leur dis souvent, ainsi qu'à leurs parents, ce n'est pas parce que votre enfant est en échec scolaire qu'il n'a aucune valeur humaine. Ensuite, comme ils ont au cours du CM2 rencontré des artisans (menuisiers, luthiers, mosaïstes....) et qu'ils retrouvent cela en SEGPA ils se découvrent des passions.
Mais en essayant d'aller de plus en plus vite voire avec des compétences en sciences, en histoire, en géo qui dépassent leurs capacités - il n'est pas rare que certains élèves viennent me voir en me disant que leur grand frère fait la même chose en 4ème ou en 3ème- je me suis trouvée dans la situations où j'ai mis des élèves en échec et sans possibilité d'avoir le temps de les valoriser dans d'autres activités.
Attention, je ne parle pas de descendre le niveau pour l'adapter aux élèves les plus en difficultés mais bien d'adapter le programme à l'âge de nos élèves et au temps qui nous est imparti...
Moi aussi j'ai été longue mais la classe que j'ai cette année est le reflet de trois années de "marche ou crève" et de devoirs à la maison (et je ne jette pas la pierre à mes collègues, elles font un boulot incroyable). Certes ils ont fait le programme, mais dans cette classe où beaucoup sont en difficultés il y a une passivité et une fatalité devant la difficulté inquiétante. Il vaut mieux ne pas faire que d'échouer encore et toujours.
...cela me fait beaucoup, beaucoup réfléchir et cela m'inquiète aussi.
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anoster j'en arrive au mêmes conclusions que toi pour cette année.
et du coup j'allège et vais à l'essentiel. je mets de coté des compétences inadaptées, prend le temps pour des projets qui fédèrent et leur donne envie (clément aplati, opéra, correspondance, échecs, sport, arts).
tant pis pour le bien faire je fais efficace, et je veux qu'ils viennent volontiers à l'école avec plaisir, l'envie d'apprendre.
le reste n’est que secondaire!
j'ai une amie elle qui n'en peut tellement plus qu'elle monte sa propre école montessori pour l'an prochain! dommage hein de perdre des gens qui y croyaient et voulaient faire de grandes choses avec les enfants.
en fait je crois que le pb est là: ce ne sont plus des enfants mais QUE des élèves si on regarde au travers des programmes.
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