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va-t-on vers une surmédicalisation des enfants? [message n° 821053] |
sam. 17 novembre 2012 10:16  |
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cachou | |
| messages : 952
Inscrit(e) : août 2004 Situation géographique : seine et marne Métier : en GS | |
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Je m'explique sur mes GS, j'en ai deux qui sont suivi par un pédopsychiatre (dont l'un va en plus chez l'orthophoniste), chez l'ortho j'en ai un autre pour qui on a aussi demandé le psychomotricien, et un troisième qui va chez le psychologue.
Attention tous en ont besoin pour une bonne raison. Mais je m'interroge sur cet aspect après que la maman de celui qui va chez le psychologue m'ait demandé de l'aide sur comment éduquer son fils à la maison.
J'ai parfois l'impression de faire face à des parents qui ne savent pas comment faire avec un enfant et ça m'interpelle.
Et vous?
en pause du spé!!!Rapporter un message au modérateur
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Re: va-t-on vers une surmédicalisation des enfants? [message n° 821071 est une réponse au message n° 821053] |
sam. 17 novembre 2012 11:43   |
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ours-bleu |  | | messages : 1485
Inscrit(e) : août 2006 Situation géographique : Ile de France | |
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La question de la surmédicalisation, je me la pose parfois, sachant que 2 des oursons vont régulièrement voir un pédopsy, que l'un est suivi par un orthophoniste et l'autre fait de la relaxation (pas médical mais nécessaire pour gérer le stress).
Quand je compare avec l'époque où j'étais enfant, je mesure toute la différence.
On me demandait moins mon avis (voire jamais) mais j'étais paradoxalement plus libre (je pouvais trainer dans la rue avec des copains pendant des heures à 8 ans les mercredis sans que personne ne s'en préoccupe alors que je ne laisse pas l'ourson rentrer seul de l'école).
J'étais une petite fille vive, pleine d'humour et hypersensible, bonne élève mais clown de la classe en primaire. Si on me scolarisait aujourd'hui, au bout de 15 jours de classe, l'enseignant viendrait dire d'un air grave à mes parents que je suis sans doute hyperactive et qu'il faut consulter. En saupoudrant là dessus quelques éléments intéressant d'histoire familiale, j'aurais sans doute trimballé un chouette dossier chez le médecin scolaire.
Les temps ont changés et les attentes de la société aussi. Quand j'étais petite, on pouvait être nul en classe, on ne se sentait pas privé d'avenir: il y avait plein de métiers qu'on pouvait exercer sans diplôme. Aujourd'hui des diplômes sont devenus obligatoires pour exercer tous les métiers!!!
Aujourd'hui, il y a partout un esprit de compétition plus ou moins larvé qui amène tout le monde à se comparer sans cesse à son voisin (y compris pour des choses futiles comme "mon petit de 4 ans sait faire du vélo et pas le tien").
Les gens ne sont plus heureux de ce qu'ils sont mais malheureux de ce qu'ils n'ont pas.
Comme notre société est sans doute (un peu?) malade, on essaie de soigner nos enfants...
Ourse Bleue
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Re: va-t-on vers une surmédicalisation des enfants? [message n° 821090 est une réponse au message n° 821053] |
sam. 17 novembre 2012 12:12   |
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bab0611 | |
| messages : 2987
Inscrit(e) : décembre 2004 Métier : ER | |
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je rejoins ton analyse, ourse bleue... vraiment : je m'y retrouve presque !!
mais dans certains cas, la médicalisation est aussi tellement chouette !!
avant, quand tu étais "différent", c'est quand même toi qui devais t'adapter à tout, et c'était vraiment dur !!
maintenant, tellement d'aides sont apportées... alors peut-être qu'on en abuse, mais il faut aussi voir qu'elles apportent beaucoup à ceux qui en ont vraiment besoin... et même pas encore assez la plupart du temps...
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Re: va-t-on vers une surmédicalisation des enfants? [message n° 821093 est une réponse au message n° 821053] |
sam. 17 novembre 2012 12:18   |
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bab0611 | |
| messages : 2987
Inscrit(e) : décembre 2004 Métier : ER | |
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vous voulez que je vous parle de la scolarisation des enfants handicapés "dans le bon vieux temps" ???...
ça ira vite, parce que c'était presque le néant...
*alors oui, on peut regretter certains côtés... mais il faut pas seulement penser à notre propre expérience...
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Re: va-t-on vers une surmédicalisation des enfants? [message n° 821393 est une réponse au message n° 821053] |
dim. 18 novembre 2012 09:56   |
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ours-bleu |  | | messages : 1485
Inscrit(e) : août 2006 Situation géographique : Ile de France | |
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Je ne dis pas non plus que dans le temps c'était le "bon vieux temps".
Soit dit en passant, à l'époque où j'étais à l'école, il y avait quelques enfants handicapés scolarisés en "classe ordinaire": Un dans ma classe de CM1 qui était plus grand que nous et qui attendait, je crois, une place dans une structure spécialisée - je n'en sais pas plus. J'avais aussi un copain au collège qui habitait pas loin de chez nous, qui n'avait pas respiré assez vite à la naissance: il avait des problèmes moteurs. Il avait un ordinateur pour le lycée (un des premiers portables, je crois). Il a eu un tiers temps au bac et quelqu'un qui écrivait pour lui. Il a poursuivi ses études et a été admis à l'école Centrale Paris. J'ai aussi été en classe une année avec un enfant malentendant. Les profs écrivaient tout au tableau pour qu'il puisse avoir tout le cours... Maintenant, ces enfants appartenaient à des familles plutôt aisées, qui se sont battues pour que leurs fils aillent en classe ordinaire.
Comme Cachou, je m'étonne juste du nombre d'enfants sur lesquels on pose des diagnostiques aujourd'hui. Pour une partie d'entre eux, c'est juste que les connaissances en matière de handicap (en particulier pour les dys) ont progressé. Et c'est une très bonne chose, car c'est un moyen d'éviter de mettre en souffrance des enfants.
Mais ces progrès expliquent ils tout?
Sans être enseignante, juste en discutant avec mes copines de boulot, je constate qu'il y a de plus en plus d'enfants mal dans l'école, qui s'agitent, qui ont des tics pendant l'année scolaire et pas en vacances, qui sont stressés, à la limite de la phobie et pour lesquels les parents sont invités qui à consulter un psy, qui à faire un bilan etc...
Regardez juste autour de vous, dans vos familles ou chez vos amis, pour voir le nombre de loulous en attente ou ayant eu un bilan... La norme est devenue plus étroite. Il y a moins d'enfant qui rentrent dedans.
Ourse Bleue
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Re: va-t-on vers une surmédicalisation des enfants? [message n° 821419 est une réponse au message n° 821053] |
dim. 18 novembre 2012 10:36   |
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bab0611 | |
| messages : 2987
Inscrit(e) : décembre 2004 Métier : ER | |
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je pense que tout cela est à rapprocher d'un autre fil, où on insiste pour que les enfants puissent encore rêver en maternelle...
je ne sais plus lequel... mais je suis assez d'accord avec tout ça : si on est trop exigeants avec les petits, ils vont mal... comme nous !!
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Re: va-t-on vers une surmédicalisation des enfants? [message n° 821422 est une réponse au message n° 821393] |
dim. 18 novembre 2012 10:41   |
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sar@h |  | | messages : 6439
Inscrit(e) : septembre 2004 Situation géographique : 29 N Métier : RIEN | |
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ours-bleu a écrit le dim, 18 novembre 2012 09:56 | La norme est devenue plus étroite. Il y a moins d'enfant qui rentrent dedans.
| Je crois que c'est l'inverse : nous avions un cadre très strict. Tu te prenais une punition, tu l'acceptais, tes parents ne venaient pas voir l'instit … Voire tu en reprenais une à la maison. Aujourd'hui, tout est excuse pour éviter la contrainte à l'enfant. Jamais autrefois, pourtant je suis née après 56, on ne contestait les devoirs (d'ailleurs mon collègue m'a dit que ça concernait les devoirs notés, pas le travail d'entraînement). Aujourd'hui, c'est plutôt l'anormal qui est devenue la norme ! Parce que tout le monde se veut exception pour exister.
Dans le temps, certains enfants ont souffert (et encore guère en primaire) ce sont les Dys, mais pour beaucoup d'autres, les repères étaient stricts, RESPECTÉS par les parents, les enfants savaient où ils devaient aller.
Quatre choses ont changé :
1 • La télévision n'existait pas ou peu, et surtout les programmes étaient contrôlés. Là aussi, il y avait des repères : "Bonne nuit les petits" était explicite.
Regardait-on la télévision avant d'aller à l'école ou le midi en mangeant ?
2 • L'alimentation ! Aujourd'hui, on ne perd plus du temps à cuisiner des produits, on préfère aller faire ses activités.
3 • Télé + activités = moins de sommeil. Quand je repense aux deux zouaves de mercredi, je suis certaine que la petite (PS ?) n'avait pas fait la sieste … et quand elle a vidé la poussette, il y avait une bouteille de c_c_-c_l_.
4 • La société imposait ses repères. Tu jouais dans le quartier, en cas de mauvais comportement tu étais réprimandé, et surtout tes parents le savaient. Aujourd'hui, personne n'ose plus intervenir … On assiste comme au spectacle. Là aussi, la société était un cadre.
Parfois je bous en lisant certains fils, où l'on sent que vous aimeriez bien que la Terre tourne autour de votre enfant.
bab0611 a écrit le dim, 18 novembre 2012 10:36 | je pense que tout cela est à rapprocher d'un autre fil, où on insiste pour que les enfants puissent encore rêver en maternelle...
| Et même en élémentaire.
Bien d'accord avec ça ! Laissons-leur une enfance ! Et que les adultes la respectent.
Sar@h,
RIEN : Retraitée Ingénue de l'Éducation Nationale
La vie est une farceuse …
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Re: va-t-on vers une surmédicalisation des enfants? [message n° 821432 est une réponse au message n° 821053] |
dim. 18 novembre 2012 11:05   |
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ours-bleu |  | | messages : 1485
Inscrit(e) : août 2006 Situation géographique : Ile de France | |
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Je n'ai pas la même perception que toi.
Quand je suis allée à l'école en primaire, comme je l'ai dit plus haut, j'étais une louloute turbulente, impulsive mais en tête de classe, ce qui me permettait de faire le clown. J'étais punie, virée dans le couloir, envoyée chez la directrice et quand mes parents le savaient, c'était aussi ma fête à la maison le soir... Mais les enseignants ont toujours réussi à me gérer (parce qu'ils pouvaient aussi donner des punitions sans avoir un procès, je le reconnais).
Aujourd'hui, je serais diagnostiquée précoce et hyperactive, avec un suivi psy parce qu'élevée jusqu'à 6 ans par mes grand-parents. Et certains enseignants se retrancheraient derrière ce diagnostic pour ne plus s'occuper de moi et avouer leur impuissance. (Pas tous, mais certains le feraient, je l'ai vu faire avec un de mes oursons en cm2).
Quant à dire que les dys ne souffraient pas en primaire . Oh que si! Avec les pages arrachées à refaire et refaire parce que mal écrites. Avec les mots de dictée appris et non su à recopier 50 fois. Avec le supplice de lire à voix haute en hachant chaque mot devant toute la classe! J'ai connu des copains dys qui souffraient! (Et je me souviens d'avoir souffert avec eux, quand venait leur tour de lire à haute voix).
La société impose toujours ses repères aujourd'hui: celui de la compétition. Etre le meilleur, le premier parce qu'il n'y aura pas de place pour tout le monde et malheur aux vaincus! Nos enfants en souffrent et nous en souffrons aussi. Quand on nous annonce de plus en plus tôt que Loulou a du mal à suivre, tout de suite, nous voyons se dessiner un avenir fait de galère et de chômage...
D'accord avec l'idée de laisser les enfants grandir et rêver en maternelle. A mon époque et à celle de ma soeur (née en 1974), on n'évaluait pas en maternelle. L'idée d'un livret aurait paru tout bonnement saugrenu.
Mais notre monde est devenu plus speed, plus stressé, plus dans l'évaluation et les plans d'actions...
Ourse Bleue
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Re: va-t-on vers une surmédicalisation des enfants? [message n° 821495 est une réponse au message n° 821422] |
dim. 18 novembre 2012 14:35  |
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ewilan | |
| messages : 3920
Inscrit(e) : octobre 2011 Métier : MS/GS | |
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sarah a écrit le dim, 18 novembre 2012 10:41 |
ours-bleu a écrit le dim, 18 novembre 2012 09:56 | La norme est devenue plus étroite. Il y a moins d'enfant qui rentrent dedans.
| Je crois que c'est l'inverse : nous avions un cadre très strict.
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Je suis d'accord avec vous deux : oui nous avions un cadre très strict au niveau éducatif mais la norme dont parle ours-bleu n'était pas aussi présente. Pour preuve la multiplication des appareils dentaires, des semelles ortopédiques etc (et des opérations de chirurgie estétique plus tard)... Le moindre "défaut", même minime, doit aussitôt être corrigé.
On tolérait plus facilement les différences de caractère. Untel était timide, untel excentrique et voilà...
Maintenant un enfant réveur, timide ou turbulent est aussitôt regardé comme un cas pathologique. On a peur qu'il ne s'en sorte pas alors on cherche à le "guérir" de ses particularités.
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