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| Re: Violences dans les banlieues [message n° 83952 est une réponse au message n° 81862] |
ven. 11 novembre 2005 10:27   |
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| frol | |
| messages : 244
Inscrit(e) : juillet 2004 Situation géographique : Rhône-Alpes Métier : CE2-CM1 | |
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Nos ministres se saisissent du problème des banlieues pour faire passer des mesures graves : la réintroduction de l'apprentissage à 14 ans. Cela veut-il dire qu'il en est fini de la scolarité obligatoire jusqu'à 16 ans ? L'enseignement technique que tout le monde souhaite revalorisé (dans les beaux discours) va être stigmatisé car il ne sera le privilège que des enfants de banlieue (donc voie de garage peu attractive). J'espère que ces effets d'annonce ne seront pas appliqués ! Ce sont de fausses bonnes solutions !!!
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| Re: violences dans les banlieues [message n° 84087 est une réponse au message n° 82637] |
ven. 11 novembre 2005 16:27   |
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sand82 |  | | messages : 3846
Inscrit(e) : juillet 2004 Métier : maternelle tous niveaux | |
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Moi je n'ai pas grandi dans les cités, les quartiers ou autres, mais je
pense qu'il est difficile pour nous tous de se mettre à la place de ces
jeunes. Oui je condamne la violence, s'en prendre aux voitures des voisins
qui sont dans la même mouise, c'est nul, s'en prendre aux écoles, ça n'a pas
de sens...
Mais depuis quelques jours, on se penche très sérieusement sur les banlieues
et leur misère, et hélas c'est souvent comme ça, il faut attendre que ça
pète pour prendre des mesures!
Par ailleurs, il y a quelques chose que je ne vivrai jamais moi, c'est le
racisme que ces jeunes endurent; et ça je regrette, mais je pense que cela
rentre pour une bonne part dans la haine qu'ils expriment. Je suis frappée
du racisme profond qu'expriment autour de moi les gens que je côtoie,
parents, commerçants, voisins... tout est bon pour glisser des réflexions
assassines sur les arabes, les anglais (oui chez nous il y a beaucoup
d'anglais, mal vus car "ils nous prennent nos maisons!"), les manouches...
Vivre ça au quotidien doit être terrible, et toutes les mesures que l'on
prendra hélas ne changeront pas la mentalité de certaines personnes!
sandrine
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| Re: violences dans les banlieues [message n° 84151 est une réponse au message n° 84100] |
ven. 11 novembre 2005 19:08   |
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sohayb |  | | messages : 639
Inscrit(e) : juillet 2004 Situation géographique : Seine-Maritime Métier : I.A./ CE1-CM1 | |
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OUI ! Mam tu as raison ! L'unique clé du problème elle est là !
Que ce soit pour les enfants ou les adultes c'est 24 heures sur 24 la mise dans le même sac, la méfiance, l'exclusion, le racisme à l'état pur.
Le racisme et l'exclusion pour trouver un stage, un apprentissage, un boulot, un logement.
Alors il te reste quoi ?
En premier, un énorme sentiment d'injustice qui couve depuis que tu es tout petit. Tu sais le même que celui que tu peux éprouver quand on accuse de quelque chose que tu n'as pas fait et que plus tu te défends plus on t'accuse.
Et pour survivre, bah oui l'économie souterraine, soigneusement entretenue à petits feux par le pouvoir parce que là aussi si c'était la guerre totale au bizness, c'est pas seulement la voiture du voisin qui partirait en fumée.
Et puis, plus cyniquement, ce monde-là, le pouvoir en place il en a besoin pour garder son perchoir. Les élections de 2002 ne sont pas si loin. Et de quel épouvantail se sont largement et presque exclusivement servi les deux candidats du deuxième tour ? L'insécurité ! Donc ce monde il faut qu'on le garde comme il est, qu'on le surchauffe de temps en temps pour que les électeurs frileux se rappellent qu'il existe, qu'on fasse semblant de prendre des mesures pour rassurer le peuple terrorisé et puis on engrange les votes de la peur.
Ce que l'école rate c'est la véritable éducation au vivre ensemble, au vivre tous ensemble, c'est le regard critique et objectif sur nos institutions, les limites de la démocratie, le rappel du pourquoi d'un état sensé assurer avant tout l'égalité de tous les citoyens devant la loi, le rappel que les privilèges ont été abolis un certain 4 août...et aussi que l'intégration ne peut pas être que sociale, elle doit avant tout être celle du coeur et de l'esprit... et sur ce dernier point c'est pas gagné...
Apprends !
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| Re: violences dans les banlieues [message n° 84300 est une réponse au message n° 84151] |
sam. 12 novembre 2005 11:43   |
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| e.delon | |
| messages : 823
Inscrit(e) : août 2004 Situation géographique : Haute-Garonne Métier : cycle 3 et Direction primaire maternelle | |
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Des élections arrivent, c'est vrai... Mais je ne suis pas certain que la solution soit là seulement... Il y a des images à transformer dans l'inconscient collectif et qui vont bien au-delà des Cités. J'en veux pour preuve le film programmé sur Canal + hier soir et intitulé "Banlieue 13" je crois... Une anticipation dans laquelle on retrouve puissance 1000 tous les poncifs, les clichés, les stéréotypes de notre monde actuel. On s'y tue en toute impunité, il n'y a de règle que celle de l'argent, de la drogue et surtout du Talion. On n'y voit aucune femme sinon une, considérée comme un quasi-animal, exhutoire du mâle abject !
Les looks y sont aggressifs, les voitures tout droit sorties de MadMax avec juste quelques touches de couleurs, les hommes sont surarmés et sautent dans tous les sens comme des singes ninjas...
Cette cité est vidée de tout commerce, tout service (école, police...), il n'y a rien qu'une architecture style Sarajevo au lendemain de la guerre serbo-croate.
Un vocabulaire au raz des pâquerettes. Cette cité est un vrai camp retranché, barricadé et entouré de mirradors. Il faut montrer patte blanche aussi bien pour entrer que pour sortir.
On y envoie une bombe d'un genre nouveau pour nettoyer ce lieu de la racaille.
Je vous jure que ça calme et que cela pose de grave problème : est-il normal de voir programmer à une heure de grande écoute (juste interdit au moins de 10 ans) ce genre de chose ? La liberté Ok mais jusqu'où ?? D'autant que je ne suis pas certain que tout le monde ait les clés pour analyser au second, troisième ou millième degré la chose... Mais c'est dans l'air du temps d'éprouver sans réfléchir !
Comment en est-on arrivé à financer (et donc se faire de l'argent) ce genre d'histoire ? On y joue sur les poncifs, sur la peur de l'autre....
Il est évident qu'il y a beaucoup à faire car les évènements actuels vont bien au-delà des problèmes sociaux et économiques.
Il y a une image à casser, des aspirations à vite transformer, car on véhicule aujourd'hui tant d'images hallucinantes qu'on ne peut que s'inquiéter des représentations des uns et des autres au niveau de l'inconscient. Là se joueront beaucoup de choses à l'avenir... La part de chacun est énorme et chacun peut faire quelquechose : les non-dits répétitifs, les blagues idiotes, les médias, les sourires et les mots respectueux et polis, les échanges, le soutien effectif aux associations, la culture de l'image, l'éducation à la différence en associant les familles à l'école, ..., sont autant d'incontournables que les sommes que l'on va prendre à Pierre pour habiller Paul, que le simple bulletin de vote, que l'indignation quelqu'elle soit...
Certes il faut reconstruire et créer une véritable mixité territoriale, locale (comme construire les 20 % de logements sociaux en plein Neuilly par exemple...), réformer et aider réellement au niveau des formations, de l'emploi, de l'aide aux familles, réintroduire comme au québec la police de proximité, travailler avec, permettre l'accés au rêve et à la culture ou aux cultures, le partage de valeurs pour lesquelles tout le monde (médias, personnalités, tout un chacun) doit pouvoir faire la preuve réelle au jour le jour.... Car ces maux dépassent le rôle de l'école qui va pourtant une fois de plus être le lieu de fixation des enjeux de notre société de demain. Mais sans une thérapie pour soigner l'inconscient collectif, les représentations des uns et des autres continueront de croître vers davantage d'incompréhension, et la nature humaine sera comme toujours de vivre avec ses oeillères comme "les imbéciles heureux qui sont nés quelquepart" disait Brassens. La surinformation tue l'information, l'uniformisation assassine nos différences et nos rencontres !!
intuitoman relativiste et toujours chevalier jet d'ail
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| Re: Violences dans les banlieues [message n° 85117 est une réponse au message n° 81862] |
lun. 14 novembre 2005 22:17   |
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| bab0611 | |
| messages : 2993
Inscrit(e) : décembre 2004 Métier : ER | |
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Moi, je vote E.Delon !!!
Non, je te suis en tout cas... et banlieue 13, c'est pas ça le pire !!
Tu connais le jeu "GTA San Andréas"... tu y es un gangster qui tue tout le monde et qui a pour mission de tabasser tel ou tel dealer, tu t'enrichis en faisant les pires trucs imaginables, et plus tu es pourri, mieux c'est... en plus c'est vraiment fait pour que ca paraisse réel, tu parles avec tes potes qui font les mêmes larcins que toi en disant plein de gros mots comme dans les films (t'es même noir, pour que ca fasse plus vrai !!!) quand t'as besoin d'une voiture, tu prends la première qui passe en tabassant son propriétaire, etc...
ce jeu (playstation ou PC) est interdit aux moins de 18 ans, mais un élève de GS, l'an dernier, ne me parlait que de ça, et cette année, c'est un de mes loulous de 9 ans qui ne sait pas encore lire qui me dit y jouer tous les soirs en rentrant de l'IME... alors, tu vois, ils ont trouvé pire que la télé !!!
mon blog :
http://enseignant-ados-autistes.over-blog.com
J'ai jamais oublié l'odeur des endroits où j'irai.Rapporter un message au modérateur
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| Re: Violences dans les banlieues [message n° 85440 est une réponse au message n° 85310] |
mer. 16 novembre 2005 00:12   |
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| frol | |
| messages : 244
Inscrit(e) : juillet 2004 Situation géographique : Rhône-Alpes Métier : CE2-CM1 | |
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| myriam204 a écrit le mar, 15 novembre 2005 19:38 | Ca y est, c'est arrivé dans mon village !
On a brûlé la crèche la nuit de samedi à dimanche et cette nuit, c'était le tour du gymnase d'une école du village voisin.
Les incendiaires essaieraient d'imiter ce qui se passe en France.
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Cela me rappelle la grande peur de 1789. Cela avait commencer par Paris avant de se répandre progressivement dans les campagnes du royaume. A l'époque, les paysans brûlaient les châteaux. Ils s'agissait d'abolir les privilèges de la noblesse. Les caisses du royaume étaient vide. Le peuple avait faim. Les élites doutaient de leur régime...
Par analogie, la République est ruinée, le régime de la V° république ne fonctionne plus (Vive la VI° République démocratique et sociale), les émigrés (qui n'en sont pas car nés en France) doivent devenir des citoyens à part entière (ils doivent, comme le tiers état, accéder au pouvoir et au travail), les dirigeants de notre pays doivent abolir les privilèges (limitation de la baisse des impôts des riches, suppressions des cadeaux fiscaux, des paradis fiscaux, des niches fiscales, du régime spécial des DOM-TOM...)...
Le problème, c'est que cette grande peur aujourd'hui, n'aboutira pas à un nouveau régime mais risque d'engendrer un régime de Terreur (vote extrémiste...).
FrolRapporter un message au modérateur
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| Re: Violences dans les banlieues [message n° 85501 est une réponse au message n° 85440] |
mer. 16 novembre 2005 11:27   |
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| e.delon | |
| messages : 823
Inscrit(e) : août 2004 Situation géographique : Haute-Garonne Métier : cycle 3 et Direction primaire maternelle | |
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ça ne se calme pas vraiment mais les médias en parlent moins ce qui n'est pas un mal pour autant même si cela ne résous rien.
Paradoxalement, là où cela a commencé à la suite du décès des deux jeunes, les choses se sont calmées et aucun couvre-feu n'a été mis en place.... Ouf.
Par ailleurs beaucoup se sont indignés, mais sans plus et avec une certaine compréhension de la misère sociale, lorsqu'on brulait les voitures des gens de ces mêmes quartiers. Quand il s'agit d'école l'indignation monte d'un cran ! Mais pourtant, si on va jusqu'au bout de cette logique, nos écoles sont bien souvent le seul symbole de la République dans ces quartiers !!!!
Et quand on veut se faire entendre, il est bien plus logique de s'en prendre aux symboles, non ? Faudrait sans doute qu'il y ait d'autres symboles quand même... Ce qui devient anormal, ce sont les récupérations tout azimut de ces évènements et le fait que certains jouent sur la peur du voisin : au moment où les gens devraient se parler, chacun a son bout de vérité et s'enferme dans son monde. D'où cette crainte à laquelle Frol fait judicieusement allusion : la terreur (sporadique mais rampante ...). On n'a pas le droit de dire je comprends sans aller vers les autres car parmi ces autres certains (aux deux extrèmes) risquent de s'en offusquer à plus ou moins juste titre.
C'est maintenant qu'il faut agir et faire réagir autour de soi...
Ne pas éluder la question lorsque le problème est discuté dans nos salles des maîtres, chez nos amis avec nos voisins, dans notre famille. Pi sans doute, en s'investissant, même de manière ponctuelle, auprès des associations : car ce sont là les lieux de vie et de rencontres des autres !
N'oublions pas que les drôles évoluent en fonction surtout de leur environnement, de ce qu'il s'y dit et fait réellement ...
intuitoman relativiste et toujours chevalier jet d'ail
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| Re: Violences dans les banlieues [message n° 85559 est une réponse au message n° 85440] |
mer. 16 novembre 2005 13:31  |
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mamouth-resse |  | | messages : 2409
Inscrit(e) : mars 2005 Métier : PS1-GS | |
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| frol a écrit le mer, 16 novembre 2005 00:12 |
| myriam204 a écrit le mar, 15 novembre 2005 19:38 | Ca y est, c'est arrivé dans mon village !
On a brûlé la crèche la nuit de samedi à dimanche et cette nuit, c'était le tour du gymnase d'une école du village voisin.
Les incendiaires essaieraient d'imiter ce qui se passe en France.
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Cela me rappelle la grande peur de 1789. Cela avait commencer par Paris avant de se répandre progressivement dans les campagnes du royaume. A l'époque, les paysans brûlaient les châteaux. Ils s'agissait d'abolir les privilèges de la noblesse. Les caisses du royaume étaient vide. Le peuple avait faim. Les élites doutaient de leur régime...
Par analogie, la République est ruinée, le régime de la V° république ne fonctionne plus (Vive la VI° République démocratique et sociale), les émigrés (qui n'en sont pas car nés en France) doivent devenir des citoyens à part entière (ils doivent, comme le tiers état, accéder au pouvoir et au travail), les dirigeants de notre pays doivent abolir les privilèges (limitation de la baisse des impôts des riches, suppressions des cadeaux fiscaux, des paradis fiscaux, des niches fiscales, du régime spécial des DOM-TOM...)...
Le problème, c'est que cette grande peur aujourd'hui, n'aboutira pas à un nouveau régime mais risque d'engendrer un régime de Terreur (vote extrémiste...).
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Hé, z'avez vu comme on dit des choses intelligentes dans la Loire?  
Juste pour dire que je suis complètement d'accord avec toi, Frol.
Complétez les phrases suivantes avec un des homophones entre parenthèses.
1. Je vous (salut – salue) Marie pleine de grâces et je vous (signal – signale) que je n’ai toujours pas gagné à la loterie.
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